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JOURNEES EUROPEENNES DES METIERS D’ART 2013

Non classé - Ecrit par Frédéric Durmort on .

Entrez dans les coulisses des ateliers des métiers d’art

L’atelier Osiris ouvre ses portes le samedi 6 et le dimanche 7 avril de 11h à 19h:

- restauration de sièges anciens ; le savoir faire de l’atelier

- étoffes d’hier et d’aujourd’hui pour l’ameublement; la sélection de l’artisan d’art

Prenez 1/2 heure à 1heure ce week-end pour:

-   découvrir les différents travaux de conservation et de restauration de sièges appartenant au patrimoine familial privé (particuliers) et public (châteaux).

- créer et imaginer votre nouvel  intérieur  avec les nouvelles collections des éditeurs de tissus contemporains français et étrangers.

 

COUVERTURE DES FAUTEUILS AVEC UN DAMAS DE SOIE

Articles - Ecrit par Frédéric Durmort on .

Château de SassenageArticle N°3

Un travail de recherche, en collaboration avec les conservateurs, a permis de trouver un damas de soie (sans envers, avec un décor par la trame,  un coloris cramoisi et une armure satin) très proche de celui d’origine avec son dessin typique du XVIIIème siècle. Il fut tissé sur un métier à bras en 54 cm de large. Cette nouvelle étoffe tissée en grande largeur est en harmonie avec l’ancienne qui recouvre les autres sièges qui seront restaurés au cours des trois prochaines années et avec le lit de la chambre du roi. Les deux  premiers  fauteuils du Château ont  retrouvé leur lustre original.


La pose du damas de soie a demandé beaucoup de précautions et d’attentions car cette étoffe est aussi belle que délicate à manipuler.

Les différentes étapes :

-          établissement d’un plan et coupe des étoffes,

-          pose « en parallèle » du damas et gestion des tensions, avec un appointage à la semence, pour avoir un placement du tissu très précis et identique sur les 2 sièges, alors que les différences, entre le fauteuil estampillé Pothier et le fauteuil estampillé St Georges, sont nombreuses.

-          fixation définitive avec de très petites semences (clous de tapissier) pour ne pas endommager les bois de s carcasses.

-         pose d’un galon en fond de feuillure avec un double encollage.

 

Voici le résultat .

A gauche fauteuil estampillé Pothier à droite fauteuil estampillé St Georges (photo JP Andrieu)

Ces sièges sont visibles au château de Sassenage  (château ouvert au public – visites guidées)

Les travaux de conservation et de restauration continus ( 3 bergères sont actuellement dans les ateliers des restaurateurs)

 

 

CONSERVATION ET RESATURATION DES GARNITURES EN CRIN ANIMAL

Articles - Ecrit par Frédéric Durmort on .

Château de SassenageArticle N°2

Les travaux se sont déroulés en plusieurs étapes. Tout d’abord, un diagnostic fut établi à partir des observations approfondies des carcasses (cf. article sur les estampilles) des étoffes, des matériaux et techniques utilisés pour réaliser les garnitures.

Trous dans la carcasse faits par les semences au 18ème

Ensuite, une recherche et analyse documentaires et des rencontres avec des spécialistes a permis de décider d’un positionnement méthodologique d’intervention. Des éléments essentiels ont été conservés et reposés (sangles, crin animal d’origine. semences façonnées à la main, ficelle marquant les points de garniture, etc)

Bourrelet en crin animal et sangles en chanvre d’époque

             

Garniture: crin animal emballé dans une toile de chanvre

et d’autres ont été stockés, car inutilisables mais utiles pour l’histoire (clous dorés façonnés à l’étau, toiles et étoffes, etc).

étoffe déposée, tissée en 54 cm de large, avec les coutures à la main au fil de soie

   

clous dorés, un à un, à la feuille d’or et coutures du damas de soie d’origine

 

Les techniques utilisées par les tapissiers au XVIIIème ont été identifiées et décrites pour garder trace des pratiques anciennes. L’ensemble de ces travaux s’est effectué avec une manipulation précise et lente ayant pour objectif permanent de conserver le plus possible d’éléments historiques et d’obtenir un résultat esthétique de qualité.

Fauteuil Pothier après restauration des garnitures (recouvert de toiles de chanvre)

 

Toutes ces étapes furent vraiment passionnantes et très enrichissantes.


Les travaux de conservation-restauration des fauteuils de la chambre du roi du château de Sassenage

Articles - Ecrit par Frédéric Durmort on .

fauteuil Louis XV, estampillé St Georges, avant restauration

Fauteuil Louis XV, estampillé Pothier, avant restauration

 Château de Sassenage - Article N° 1

« Le Château de Sassenage, propriété de la Fondation Bérenger-Sassenage (sous égide de la Fondation de France) comprend une collection d’objets mobiliers particulièrement riche et variée, dont de nombreux meubles et tableaux classés au titre des Monuments historiques. Il s’agit pour l’essentiel de meubles des 18 et 19è siècles, issus des ateliers d’artisans parisiens et provinciaux. 

Experts et artisans passionnés:

Pour réaliser ce long et coûteux travail de restauration et de conservation, le propriétaire s’est entouré d’experts et d’artisans passionnés.
Ainsi, sous contrôle et avec l’aide financière :
-       Du Ministère de la Culture, via le service de la Conservation régionale des monuments historiques en Rhône-Alpes
-       Des services culturels du Conseil Général de l’Isère  
Grâce aux savoirs techniques et à la passion des ateliers :
-       Eleouet, – Lionel Chardonnet, ébéniste,
-       Roquette, – Philippe Boulet, doreur,
-       Osiris, – Frédéric Durmort, tapissier,
  2 des 13 fauteuils Louis XV estampillés des Maîtres menuisiers parisiens Pothier et St Georges présents au sein de la chambre du roi du Château de Sassenage ont été restaurés.
Un peu d’histoire :
Outre la qualité proprement dite des sièges, la mesure de classement est aussi à mettre en relation avec l’histoire de ces meubles. Ils sont supposés avoir été utilisés par la famille de Bérenger au Château de Versailles lors de son séjour à la cour du Roi Louis XV.
Selon la tradition orale, ils auraient été offerts par le Bien Aimé au couple de jeunes mariés, Marie-Françoise-Camille de Sassenage mariée à son cousin Raymond-Pierre de Bérenger en 1755 ! » Article inspiré du dossier de Presse de janvier 2013
Nous publierons, tout au long des prochaines semaines, une série de plusieurs articles sur les travaux de restauration réalisés par l’atelier Osiris.

LA SOIE

Brèves - Ecrit par Frédéric Durmort on .


Le ver à soie est utilisé depuis plusieurs milliers d’années pour la fabrication du fil de soie.

Tout d’abord découvert par les chinois qui gardèrent jalousement le secret de la production pendant plusieurs milliers d’années. L’europe l’utilisa beaucoup au XVIIIe où la soie fut à la mode pour l’ameublement et l’habillement. Aujourd’hui  le ver à soie est élevé principalement en Asie. Le fil de soie est utilisé en france pour la haute couture, la lingerie, les écharpes et cravates, les rubans, il est encore présent dans la fabrication des tissus d’ameublement. Quelques grandes manufactures françaises tissent  encore sur des anciens métiers à bras de très belles étoffes à partir de leurs documents historiques ou sur des métiers mécaniques pour des dessins plus contemporains. (voir « Mes conseils déco / tissu historiques »)

 Cette matière première se compose de fils bien différents qui donneront à la soie des aspects et des propriétés variés. La soie grège par exemple est un assemblage des brins de 7 à 8 cocons, c’est un fil mat non débarrassé du grès. L’organsin, lui, est un fil destiné à la chaîne, très résistant, les fils sont ici continus. Le doupion (shantung) quant à lui, est un  fil irrégulier, résultat du concubinage  de 2 vers à soie dans un même cocon utilisé pour la fabrication de certains taffetas, damas… L’ondé est un assemblage de 2 fils de grosseur différente qui donne un aspect de bouclette car le débit du fil le plus fin est ralenti par rapport à l’autre.

L’estampille des sièges au XVIIIe siècle

Brèves - Ecrit par Frédéric Durmort on .

 

L’atelier Osiris peut vous aider à estimer la valeur d’un siège

et à reconnaître les marques apposées sur les sièges par les ébénistes.

 » Concrétisation de l’appartenance à la corporation, l’obligation d’estampiller les ouvrages apparaît aux alentours de 1730, instituée, avec les dérogations d’usage, en 1743, légalisée en 1751 par édit royal. Marque, signature de l’artisan, l’estampille, poinçon de métal gravé en relief, est frappée dans le bois des sièges et des meubles à des emplacements discrets: sous l’emplacement d’un marbre, sur le bord d’un tiroir, sur une traverse, sur le bâti, etc. Elle indique le nom de l’artisan, souvent accompagné des initiales de son ou des ses prénoms pour le distinguer, car il existe de véritables dynasties de menuisiers-ébénistes qui exercent sur plusieurs années. Elle est souvent accompagnée des trois lettres JME, marque de contrôle de la jurande (bureau de plusieurs jurés nommés par la corporation) des menuisiers ébénistes, d’où les lettres JME, marque qui donne lieu au versement d’une taxe, à laquelle bien des menuisiers et ébénistes tentent d’échapper. Un meuble peut comporter plusieurs estampilles; celle du menuisier, mai aussi celle du sculpteur, du marqueteur, du bronzier, etc, voire celle du marchand –mercier qui passe commande à divers ateliers. L’usage de l’estampille survit à l’abolition des corporations et reste en vigueur au XIXe siècle. Il faut éviter de confondre la ou les estampilles avec les marques de châteaux, de collections, d’inventaire ou de garde-meubles. De même que certains amateurs attachent plus d’importance à la signature d’un tableau qu’a ses qualités esthétiques, des collectionneurs de meubles préfèrent acquérir des meubles estampillés. Ainsi à qualité égale, un meuble marqué cote plus qu’une pièce anonyme. L’observation de ce phénomène a conduit quelques truqueurs à estampiller certaines pièces, à l’origine vierge de toute marque. Aussi convient ‘il de ne pas attacher trop d’importance à la présence d’une estampille sur un meuble qui ne présente pas un très gros pedigree. Mieux vaut considérer ses qualités intrinsèques.  » Guide du meuble ancien – 6è édition 1990.

Quelques estampilles et marques de sièges restaurés dans l’atelier.

Estampille sur fauteuil Louis XV, bois doré,
Jean-jacques POTHIER (Maître en 1750)

 

 

« Trace d’estampille » sur fauteuil Louis XV

« Trace d’estampille » sur siège Louis XVI

Les marques sont collées sur les sièges de châteaux ou de collections, après inventaire ou lors des successions

                                                                                                                                 

                                                                                            

 

Estampille sur fauteuil Louis XVI de Jean-baptiste-claude SÉNÉ (Maître en 1769)

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          

 

 

 


L’encyclopédie de Diderot est une ressource utilisée par l’atelier Osiris pour réaliser certains travaux de restauration

Brèves - Ecrit par Frédéric Durmort on .

L’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers est une encyclopédie française, éditée de 1751 à 1772 sous la direction de Diderot et D’Alembert. Il s’agit d’un ouvrage majeur du XVIIIe siècle. D’abord parce qu’elle est la première encyclopédie française. Ensuite, par la synthèse des connaissances du temps qu’elle contient, elle représente un travail rédactionnel et éditorial considérable pour l’époque. Enfin, au-delà des savoirs qu’elle compile, le travail qu’elle représente et les finalités dont la chargent ses auteurs deviennent un symbole de l’œuvre des Lumières, une arme politique et, à ce titre, l’objet de nombreux rapports de force entre les éditeurs, les rédacteurs, le pouvoir séculier et ecclésiastique.






« 
Pour des travaux de restaurations de sièges du XVIIIe siècle classés MH « monument historique » l’atelier peut reproduire les gestes et utiliser les techniques décrites dans l’encyclopédie de Diderot et D’Alembert.

Garniture décrite dans l’encyclopédie – Fauteuil Louis XV actuellement en cours de restauration dans l’atelier.

OSIRIS, un Dieu Egyptien, un atelier d’artisan

Brèves - Ecrit par Frédéric Durmort on .

« A l’origine Osiris était le dieu de la fertilité et du développement végétal puis il est devenu le dieu des morts et le dieu de la résurrection à la vie éternelle. Osiris était le maître, le protecteur et le juge du défunt. Osiris était le premier enfant de Nout et Geb, ainsi le frère de Seth, Nephthys et Isis, qui était aussi sa femme. Par Isis il engendra Horus et selon quelques histoires, Nephthys sous la forme d’Isis, l’a séduit ainsi et de leur union est né Anubis. Son culte est originaire d’Abydos, où on disait que son tombeau réel a été placé. De tout temps dans l’histoire égyptienne, des prières et des supplications ont été adressées à Osiris dans l’espoir de garantir sa bénédiction et d’entrer ainsi dans l’Au-delà où il régnait. Sa popularité s’accrut considérablement au cours du temps. A partir de la XVIIIème Dynastie il était probablement le dieu le plus largement adoré en Egypte. Sa popularité demeura jusqu’aux dernières heures de l’histoire égyptienne; et même des empereurs Romains, les conquérants de l’Egypte, parés du costume traditionnel des Pharaons, lui firent encore des offrandes dans ses temples. Il est représenté dans une tenue ajustée tenant le flagellum et le sceptre héqua à la main. La couleur de sa peau est soit verte pour rappeler son action sur la végétation soit noire comme la couleur des momies. Après que Rê eût abandonné le monde pour diriger les cieux, Osiris gouverna le monde des hommes; mais il fut assassiné par son frère Seth. Par la magie, Isis, retrouva les morceaux de son corps dispersé et le fit  revivre. Etant la première personne à mourir, il est par la suite devenu  le seigneur des morts. Sa mort fut vengée par son fils Horus, qui défit  Seth et le chassa dans le désert à l’Ouest de l’Egypte. NoutGeb »

Le nom de l’atelier s’inspire de plusieurs éléments qui fondent l’origine d’Osiris. Tout d’abord , l’activité principale de l’atelier qui prend en charge la restauration des sièges trouve un lien évident avec Osiris, Osiris, dieu de la résurrection. Une nouvelle vie est donnée aux sièges qui sortent de l’atelier… Le nom de l’atelier est aussi un joli clin d’oeil au nom de famille de Frédéric Durmort (Osiris, dieu des morts) et ses origines paysannes (Osiris, dieu du développement du végétal). Enfin quand le lieu d’implantation de l’atelier fut trouvé sur un terrain fleuri d’iris, « aux iris » il fut évident que l’atelier s’appellerait OSIRIS